| Cinq Soûlards en cavale | |||
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Montréal - Vendredi le 7 octobre, j’ai réussi l’exploit d’infiltrer un groupe d’alcoolos sans qu’ils se doutent de mes intentions. En effet, j’avais la ferme conviction de vivre l’expérience d’une de leur beuverie. En tant que membre d’un cercle Lacordaire, voilà une mission qui pourra aider nombre de mes collègues à mieux comprendre cette maladie frappant toutes les tranches d’âge de notre société. Combien de ravages l’alcool, fléau envoyé par Satan sur terre, peut faire... Non content de boire à se débaucher, ce groupe a osé s’organiser en tant que club directement sur Internet. Leurs membres se pètent les bretelles en osant «coter» leur vile boisson. Ils se nomment les ratebeeriens. Hé oui chers membres élus de Dieu, vous avez bien lu: ces dépravés notent chaque bière - boisson du peuple ne servant qu’à s’enivrer et à descendre l’homme au niveau de l’animal - en espérant se donner des airs de connaisseurs. Complètement démentiel! Je soupçonne même le malin d’avoir envoyé sur terre l’Internet pour mieux contaminer toute la planète. Vous savez comment nos cercles Lacordaire et
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d’autres affiliations amis ont le pied pesant au gouvernement depuis des années au Québec. La prohibition n’est pas terminée!!! Le fléau de l’alcool doit être subjugué. Le gouvernement a toujours écouté nos sages paroles et même aujourd’hui les damnées SAQs écoutent sagement l’État: presque plus aucune bière importée ne vient avilir notre société. C’est toujours cela de pris! Mais pour vous prouver combien le fléau de l’alcool peut provoquer une dégénérescence chez nos brebis égarées dites-vous bien que certains ratebeeriens vont jusqu’à voyager assez loin merci pour simplement se procurer leur dose de drogue quotidienne. Voyez par vous même... Ils étaient quatre vendredi matin pour louer une fourgonnette. Comment les décrire? Pour ne pas se faire reconnaître ils utilisaient des noms de code. Malgré l’intimité à laquelle j’ai été soumise pendant cette fin de semaine je n’ai pas réussi à découvrir leurs véritables noms. Je continue à enquêter et si jamais je découvre leurs véritables identités nous allons pouvoir placarder leurs photos dans tout Montréal, et qui sait peut-être dans le Québec en entier si notre association à les moyens -Page 1-
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financiers de le faire. Bref, les monstres de la bouteille se prénommaient Martin T. - le vilain barbu sur les photos -, Rastacouère - le nerd en puissance -, Beerbuzz - le p’tit énervé - et l’anglophone du groupe Tiggmtl. Si vous reconnaissez les visages sur les photos n’hésitez pas à communiquer avec moi. Car j’avais apporté mon appareil photo. Et les naïfs m’ont laissé photographier ce que je voulais tout au long du voyage. C’est pour vous dire comment ma couverture était solide. Et où se rendait ce quatuor maléfique? En banlieue de Philadelphie! Ils ont vraiment dépensé des sommes folles durant toute la fin de semaine pour assouvir leurs bas instincts. Pour vous montrer encore plus combien ces malades sombrent dans leur folie, deux d’entre eux - Tiggmtl et Rastacouère - avaient apporté leurs laptops pour pouvoir continuer à «coter» les bières qu’ils avaient goûtées dans les dernières semaines. Mais preuve que le divin veillait sur nous, leur stratagème tourna court quand l’adaptateur pour l’allume-cigare lâcha en cours de route. Épuisant les batteries de leurs ordinateurs, ils ne purent assouvir leurs fantasmes.
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Au début j’ai cru qu’ils m’avaient démasqué puisqu’ils décidèrent de me placer dans le fridge à l’arrière du véhicule. Mais non, ma couverture - que je n’avais pas en plus - tenait bon: ils faisaient cela par pure méchanceté. Comme quoi le malin a déjà contaminé ces âmes perdus! De plus, ils mirent de la musique directement issue de la Géhenne. De la musique de Amon Tobin, Robert Fripp, Primus, Arthur H... Parlant d’interventions divines, il a plu toute la fin de semaine. Il s’agissait pourtant d’un signe envoyé sur terre par Notre Seigneur comme quoi Il désapprouvait leur vice. Mais non ils continuèrent à errer pareil... Nous avons
erré jusqu’à Triumph,
un brewpub situé à New Hope en Pennsylvanie. Pourtant, ce petit
village situé tout au long d’une charmante petite rivière était
très joli. Pourquoi le conseil municipal a accepté l’ouverture d’un
tel endroit dans ce village??? Mystère! Je devrais contacter -Page 2- |
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la division locale Lacordaire de ce village pour enquêter. Au premier
abord j’ai détesté ce débit de boisson. On aurait dit un buffet
chinois Mandarin converti en brewpub... Deux bières se sont
«démarquées» durant cet arrêt: la Honey
Wheat et la Kellerbier. Une grosse discussion enflammée s’en suiva pour savoir
laquelle des dites boissons était la meilleure. L’anglo de la gang
prenait pour la Honey Wheat (j’ai fait semblant tel un sioux sur la
brosse de l’encourager!) et le reste de la troupe aimait bien mieux
leur kellerbier. Ce fut l’obstination du bâtard toute la fin de semaine
avec cette Honey Wheat. |
Nous n’avions pas fini notre journée encore: deux autres arrêts!!! Beer! Beer! Beer! Je continuais d’encourager leur vice par de subtiles exclamations à la Homer Simpson... Pas certain qu’ils ont apprécié cet humour à sa juste valeur. Beer! Beer! On approche du prochain brewpub: le General Lafayette de Lafayette Hill toujours en Pennsylvanie. Plus bel endroit. Il est divisé en deux sections: le pub d’un bord et la salle à manger de l’autre. Nous avons soupé dans la salle à manger. Les prix étaient exorbitants: 28$ pour un -Page 3- |
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steak!!! Les soiffards ont conclu que la Weisen-heimer - un genre de weizenbock - et la Double Thunder - un porter baltique - étaient les deux meilleures bières du moment. Beer! Beer! Beer! On continue notre infernale tournée. Dernier arrêt: le brewpub Slyfox à Phoenixville. Bel endroit avec une belle clientèle (hé! hé!)... Deux ratebeeriens sont venus se joindre à notre groupe: Mike et Eric. Ce coup-ci le vilain barbu avait encore faim (même s’il avait mangé deux gigantesques portions de crabe au General Lafayette). Il commanda un plat de nachos multicolores qu’il eut toutes les peines du monde à finir. Bien bon pour lui! Quand on voit plus gros que la panse c’est cela qui arrive. Quelques bières se sont démarquées (selon leurs dires évidemment): la Prometheus - un genre de porter baltique - et leur Challenger IPA. Pour leur
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IPA, le brasseur semble bien aimer ces temps-ci créer des IPAs en utilisant des houblons différents d’une fois à l’autre. J’imagine que pour le buveur en puissance c’est «instructif» de pouvoir «goûter» des houblons différents... Grrrr! J’ai pu assister à l’une de leur initiation: Rastacouère a du boire un black & tan avec un bout de citron dans le verre avec une paille et mon chapeau sur la tête... Pour notre première nuit, Eric nous hébergea chez lui. On pourrait croire que certains crieraient Dodo! Dodo! Dodo! arrivé sur place. Hé non... La beuverie se poursuivit...mais sans moi! Il y a des limites à ce qu’un Lacordaire peut endurer. Beer! si vous voulez mais moi je m’en vais dormir... Samedi le 8 octobre. Le programme principal de cette fin de semaine épicurienne: assister à un festival de bières à Kennett Square, au -Page 4- |
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sud-ouest de Philadelphie. Tout le monde en route vers Kennett Square mais d’abord un arrêt «shopping» au State Line Liquors à Elkton. Quand nous pensons aux states, chers confrères, nous pensons souvent au Royaume du Mal. Hé bien dites-vous bien que cette réputation n’est pas biaisée. Vous devriez voir la quantité effroyable de bières qu’il y avait dans ce magasin. Pour donner le change, j’ai essayé de faire mon connaisseur en choisissant quelques bières. Qu’est-ce qu’un infiltré doit endurer pour ne pas se faire repérer. Je crois que l’illusion fut préservée même si cela m’a pris un peu plus de temps qu’eux pour faire mon «choix». Arrivée sous la pluie au motel Kennet Steak & mushroom. Kennet Square est également la capitale mondiale du champignon. Si la ville héberge un festival de bières j’imagine très bien le genre de champignons devant s’y retrouver... Le festival avait lieu à l’extérieur sous de gigantesques tentes. Le principe était simple: tu paies 30$ U.S. puis tu bois pour te saouler tout l’après-midi à partir de 13h. Mais pour les «connaisseurs» il y avait une session spécifique commençant à midi. Cela coûtait un 20$ supplémentaire |
pour y assister. Naturellement, ma gang de soûlographes ont décidé de participer à cette cession: après tout il s’agit de «connaisseurs»! Quelques brasseries sortaient spécialement de rares «nectars». Soulignons quelques bières: Ommegeddon de la brasserie Ommegang, la Saison de la brasserie Victory, la Russian Imperial Stout d’Iron Hill Newark, la Dark Saison et la Vuuve XXxxXX de McKenzie. Mais chassez le naturel et il revient au galop. Dès que cette cession pour «connaisseurs» fut terminée le vrai festival débuta. Fini l’hypocrisie! Les foules s’assemblèrent autour des kiosques offrant de la bière de piètre qualité. On étouffait! Il y avait également des files à plus finir pour les toilettes... Je ne suis pas certain que mes boit-sans-soif reviendront l’année prochaine... Pour eux le 20$ U.S. pour la cession des connaisseurs cela valait l’investissement mais certainement pas un 30$ supplémentaire où ils n’ont pas vraiment trouvé quelque chose de valable... -Page 5- |
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De retour au motel nous tentâmes une fois de plus de s’empoisonner au restaurant. Je crois que les américains n’ont pas simplement copié les styles de bières anglais mais aussi leur gastronomie... Et durant la soirée j’ai finalement assisté à une de leur beuverie. Un véritable rassemblement de ratebeeriens dans une des chambres du motel. Bouteille après bouteille on s’enivrait davantage... Et une bouteille la Folie de New Belgium... Et une Dreadnaught Imperial IPA de Three Floyds... Et une Dark Lord de cette même brasserie... Je suis assez content d’être resté relativement sobre. Assez du moins pour expliquer le terme beurré à Tiggmtl (est-ce une fixation sur Tigrou ce surnom???). Notre anglo était vraiment parti... Beurré!!! Beurré à l’os même... Beer! Beer! Re-beer! Hips! C'est fou comment un gars chaud peut se mettre à chercher ses clefs... Nuit reposante et...back to the fridge dans le char! Orgie qu’il fait froid... J’ai sorti mon sleeping pour m’abriter du mieux que je pouvais. Tiggmtl semble avoir mal aux cheveux. Le retour vers le Québec s’amorce. Arrêt à Sumerville au Super Savers pour d’autres achats de bières. Voilà quelques-uns des «trésors» ramenés de cette fin de semaine: |
Hitachino's Nest WHite Ale Avery Maharadja Imperial IPA Kerst Pater Hitachino New Year Celebration 2004 Hitachino New Year Celebration 2005 Gale Christmas Ale Harvey's Christmas Ale Orkney Skullsplitter Uerige Altbier Uerige Dopple sticke Urthel Samaranth Quadrium Oud Beersel Kriek Girardin Gueuze Monk's Cafe flemish sour Heavyweight Bière d'Art Cantillon St-Lamvinus Uthel Hibernus Quentum Dogfish Head Midas Touch T smisje BBBourgondier Dogfish Head Pangaea Avery Samael's oak aged ale Cameron's Christmas Ale Cuvée T Smisje 2005 Hanssens Oude Gueuze Orkney Dark Island Hitachino Classic Japanese Ale J.W. Lees Harvest Ale 2002 J.W. Lees Harvest Ale 2003 J.W. Lees Harvest Ale 2004 Three Floyds Robert the Bruce Three Floyds Pride and Joy Panil Barriquée O'Hanlons Royal Oak Fantôme Brise-bonbons River Horse Special ESB River Horse Tripel Hanssens Oude Kriek Thiriez Extra Vervifontaine Bière du Lion Heavyweight Saison de la Soeur Black Fantôme Cisco Summer of Lager Oud Beersel Gueuze Girardin Gueuze Black Label Cantillon Gueuze Christoffel Blond Avery Samael Fantôme Strange Ghost Allagash 10th Anniversary Ale Blue Ridge Subliminator T'Ij Plzen Bink Tripel Uerige Doppelsticke Smuttynose Wheat Wine Victory VSaison Glazen Toren Saison d'Erpe Mère St.Bernardus Pater 6 -Page 6- |
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St.Bernardus ABT 12 Weyerbacher Imperial Pumpkin Climax summer of lager Lancaster Hop Hog IPA Fantome Été Saison d’Épeautre Okocim Porter Aldaris Porteris Blue Ridge Steeple Stout Blue Ridge Subliminator Tripel Karmeliet Allgauer Cambonator Doppelbock Nous devions arrêter pour dîner dans une auberge un peu perdue dans les bois. Pour vous montrer comment notre petite troupe d’abreuvés a effectué des recherches poussées, essayez seulement de trouver cette auberge. C’est à Krumville. Quand vous êtes sur la 87 vous prenez la sortie pour New Paltz. Rendu au village, vous faites un méchant détour car le pont traversant la rivière est condamné à cause des pluies diluviennes inondant les terres depuis quelques jours. Après avoir tournoyé à gauche et à droite vous finissez par traverser la damnée rivière. Vous longez un champ de citrouilles inondé. Vous rejoignez la 6 et vous vous enfoncez dans les bois. Après le troisième arbre vous tournez à gauche et puis à droite, tout droit après trois tournants, suivez la pancarte de bois bleu et n’oubliez pas de consulter votre boussole. Rejoignez enfin la 209 pour prendre à gauche la 2 pour vous enfoncer de nouveau dans |
les bois. Quand vous êtes enfin perdus vous êtes arrivé!!! Une petite auberge gisant au pied d’un étang avec des bernaches pataugeant près de la rive (des bernaches, cela se nomme des bernaches!). -Page 7- |
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Ce petit bar à bières offre étrangement dans ce coin perdu près de 500 sortes de bières différentes. Nous y avons goûté une Chouffe Bok et une Elizabethan Ale de Harveys. Le repas était, enfin, vraiment délicieux... Retour dans le fridge et en route vers...le Vermont! Pas assez saturé dans leur vice, mes biberons décident de faire un p’tit détour vers le Vermont. Méfiez-vous de cet état car celui-ci abonde dans le domaine des brewpubs de qualité. Nous nous arrêtons |
finalement à la dixième heure à l’Alchemist, un brewpub de Waterbury. Endroit chaleureux avec un énorme mobile au-dessus d’une table de billard. Il y a même un distributeur à papier à main dans les toilettes fonctionnant sur cellules photo-électriques. Captivant! Je dois vraiment avoir abusé de la bouteille (surtout de la Heady Topper)pour me captiver sur un bout de papier essuie-main. Je fait même des origamis... Mais j’étais certain d’avoir un as dans ma manche. Oh oui frères Lacordaire si ils pensent pouvoir franchir la frontière avec le coffre arrière de la voiture plein à craquer de bières ils se trompent lourdement. On arrive aux douanes... On tombe sur le douanier malcommode. Je riais dans ma barbe. Il nous fait signe d’aller nous stationner et d’aller le rejoindre à l’intérieur. Je jubilais! Mais j’ai vite déchanté. Ce n’était pas le même douanier à l’intérieur... Celui-ci nous -Page 8- |
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fit payer un peu de taxes pour la bière rapportée. Le pire c’est que c’est légal! Il faut absolument que le club fasse des pressions auprès de l’état pour que les Canadiens ne puissent rapporter que de la bière sans alcool de leur séjour à l’extérieur du pays. Et ce fut tout pour mon expérience au sein d’un groupe d’alcoolos... Mais méfiez-vous grandement des ratebeeriens. On ne sait jamais où ils se trouvent, où ils se cachent... Peut-être en avez-vous comme voisins et vous ne le savez même pas. N.D.L.R.: nous avons volontairement changé le titre de cet article par «Cinq Soûlards en cavale». Nous sommes au regret de vous informer que notre frère Hughes a été contaminé par l’alcool. En effet, grâce à une investigation dans son appartement nous avons découvert au-delà de 200 bouteilles de bières dans ses armoires de cuisine. Il semblerait même que Hughes s’est pris d’amitié pour ses camarades de beuverie. Il porte dorénavant le nom de code Yowie. Cet exemple nous porte à croire que ce genre de mission d’infiltration est des plus dangereuse pour nos membres. Soyez donc très vigilants dans le futur!
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